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Truffes dans les Ardennes (2)

Echange French-Marie et OD

lundi 10 août 2009, par Didier, Marie-anne, Olivier


… Suite de l’article : Truffe dans les Ardennes (1)

Commentaire de French Marie

1. L’arbre truffier peut-il être un cerisier ?

On sait qu’on trouve des truffes là où il y a des arbustes à fleurs/fruits. C’est bien documenté. Il y a un arbre-hôte loin de là peut-être qui jouissait du fouillis du sol humide pour y envoyer ses racines qui se dessèchent moins. Les arbres sont intelligents et leurs racines recherchent les éléments et les conditions qu’il leur faut bien, bien, loin !

2. Truffe Tuber uncinatum en été ?

Pour moi, ces truffes ne seraient pas des Tuber aestivum, mais des Tuber uncinatum, dû au peridium et la gleba.

<i>Tuber aestivum</i>

Il faudrait une belle photo claire, de couleur correcte et une coupe dans le bons sens, plus un échantillon pour une étude sous microscope pour confirmer l’espèce.

A vrai dire, J’ai peu expérience d’aestivum avec des bosses comme ça (j’en trouve peu - 80g maximum). Il a fait chaud et humide cet été 2009, et des truffes de surfaces peuvent être à peu près mûres depuis la fin Juillet. Mais attention, l’uncinatum mûr est couleur chocolat, les veines blanches et fines ! Il faut être patient.

Quelqu’un avait offert, il y a des années, des truffes (plus ou moins sèches) du côté de Givet à ma Tante… qui les a jetées ne sachant pas ce que c’était. Elle s’est aperçue de ce qu’elle avait jeté quand je lui ai donnée celles que j’avais achetées en Meuse. Mais elle croit maintenant que c’était plus de la mesentericum que je lui ai aussi montré pour comparer l’odeur. Elle n’aurait jamais jeté quelque chose avec un si bon parfum de champignon !

Les Ardennes c’est bien grand, avec des climats différents. La Meuse protège la vallée du vent, où furent-elles trouvées ? En donnant le nom de la plus proche ville de 7000 ou plus d’habitants, cela donnerait une idée de lieu sans déclarer un ‘secret’. C’est très important pour la recherche et les investisseurs dans la truffe.

3. Les mouches :   La mouche pourrait être une Suillia affinis (Meigen 1830), que l’on trouve ici. Beaucoup de mouches trouvées sur des truffes, ne sont pas dépendantes de la truffe pour se développer, mais des mycorhizes et des champignons en général. Ce n’est donc pas LA mouche à truffe du Nord.

Mais je me réserve… Il faut étudier les espèces avec le microscope et plusieurs mouches… Il faudrait des mâles pour certifier l’espèce.

En Angleterre, on trouve 3 sortes de Suillia dans les truffes, et beaucoup d’autres ! Ces photos de mouches de profil n’aident pas à l’identification, car on n’est jamais couché a plat ventre pour identifier une mouche ;-)

Le meilleur moyen, c’est une photo sur scanner, ou sur une vitre, de dos ou du dessous pour voir les poils de la mouche et les veines des ailes ! La Suillia affinis n’est pas verte du tout. Suillia affinis a un dos roux, et des ailes plus ou moins grises, avec des taches, une taille variable suivant ce que la larve a trouvé à manger !.

Docile, la S. a. prend la garde solitaire sur une truffe, la plus haute pointe, ou une pointe de terre sur la truffe, et y reste des jours entiers, attendant je crois une femelle (ou l’inverse). Cette position est typique, je l’ai observée maintes fois et j’en ai trouvée une en garde pendant près de 10 jours au milieu de ma pelouse, avec mes chiens et moi qui tournions autour ! Une précision, il n’est pas nécessaire que les truffes soient mûres pour attirer les mouches. 

Celles avec des yeux rouges, petites, rousses, on les retrouve aussi dans les fruits pourris (n’importe quel fruit d’ailleurs). Serait-ce du genre Drosophilia ? Il y a très peu d’insectes qui ‘dépendent’ de la truffe pour la survie de l’espèce. Beaucoup de mouches ont des chrysalides dans la terre, et toutes celles que j’ai trouvées venues de truffes on eu les ailes en lignes pas en V. Ce trait n’aide pas du tout, il y a trop de mouches avec cette caractéristique.

© Grosol le site de French Marie - Truffle Growth Solutions

Date de publication sur ce site le 10 août 2009

Réponse de OD

Message reçu le 11 août 2009

La réponse de french marie est intéressante, j’apporte quelques précisions à l’article :

- La truffe de 230 grammes contenait une importante cavité.

- J’ai conservé une partie de la gléba et du péridium de cette truffe pour des photos en très gros plan et au micro dés que j’en aurai le temps.

- L’arbre truffier pourrait être en réalité un noisetier « rouge » situé non loin de la parcelle et coincé dans un groupe de pins noirs d’autriche. Il existe également deux pins noirs situés non loin du cerisier, sur la parcelle. J’ai lu dans une brochure de la FFT que les pins noirs étaient susceptibles de se mycorhizer. Il existe également deux bosquets de bouleaux.

- Je pense que mes truffes ne sont pas des aestivum (à la différence de celles récoltées sur l’autre parcelle) : les verrues ne sont absolument pas striées, la gléba devient franchement brune à maturité et le parfum est beaucoup plus puissant que celles pour lesquelles la dénomination aestivum ne fait pour moi aucun doute. Elles présentent par ailleurs pour la plupart une cavité et je pense de plus en plus à mesentericum. Une précision quant au parfum : enfermée dans une petite boite en plastique, une très agréable odeur de melano est perceptible sans ouvrir la boite, juste sur le bord du couvercle. Ce parfum, toujours boite fermée peut envahir une pièce entière et s’y maintenir plusieurs heures après le retrait de la boite. En revanche, à l’ouverture de la boite, une odeur très acre oblige à prendre du recul un instant, avant de pouvoir à nouveau poser le nez au dessus de la truffe.

En définitive : parfum, cavités, absence de stries, couleur de la gleba mure, tous ces éléments ne sont toutefois pas présents de façon évidente sur les photos transmises [1]. De la même manière, la connaissance que j’ai des truffes se limite à ce que j’ai pu découvrir ces 3 dernières semaines dans mon jardin et dans mon assiette, pour la partie « tactile », et aux informations que j’ai pu engloutir sur internet (informations parfois contradictoires). Donc, mon avis ne fera vraisemblablement pas autorité pour le moment.

Enfin, j’ai offert deux petites truffes à deux connaissances dont l’une a déjà eu la chance de s’offrir un dîner chez Bruno (mélano et alba). Le retour est très favorable. J’étais particulièrement stressé, ayant affaire à un initié ;-)

Et pour finir, une photo d’un écureuil surpris en train de dévorer un morceau de truffe…

Un écureuil gourmand

OD

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Notes

[1] Voir le port-folio de l’autre article sur les truffes des Ardennes

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2 Messages de forum

  • Truffes dans les Ardennes (2)

    11 août 2009 00:17, par OD

    Bonsoir Marie,

    Je vous remercie bien vivement pour les précisions apportées dans votre article.

    Quant aux Ardennes, je pense également que Givet et ses environs méritent d’être explorés minutieusement.

    Enfin, si vous venez de temps en temps dans les Ardennes, n’hésitez pas à me contacter. Didier dispose de mes coordonnées. J’ai cru comprendre que vous résidiez désormais en Angleterre : et bien la Champagne Ardenne est désormais accessible en eurostar jusqu’à Marne la Vallée puis en TGV est jusqu’à Bezannes. La lorraine a également sa gare TGV, à quelques dizaines de minutes de là.

    Bien à vous.

    OD

    Répondre à ce message

  • Truffes dans les Ardennes (2)

    11 août 2009 09:34, par Didier

    Merci pour toutes ces précisions. Beaucoup de questions sont posées !

    A consulter aussi sur google books : Les truffes du groupe des aestivum

     

    Voir en ligne : Acheter « Truffe d’Europe et de Chine » sur Amazon

    Répondre à ce message


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