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L’univers de la truffe

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Terfess et Truffes du Maroc

Ouvrage sur les truffes présentes au Maroc.

vendredi 13 octobre 2017, par Didier Garzandat, Lahsen Khabar

Depuis de nombreuses années, ce site reçoit souvent des offres et des questions sur les truffes du Maghreb dénommées « Truffes blanches des sables ». L’auteur de ce livre scientifique, Lahsen Khabar, professeur à l’Université Mohammed V, Faculté des Sciences à Rabat (Maroc) est le spécialiste de ces questions. Il dirige l’équipe de recherche « Mycologie Forestière et Trufficulture » « Mycotruffe ». Il enseigne la mycologie forestière et la trufficulture. Il est l’auteur de nombreux articles sur les terfess et les truffes. Il répond dans cet ouvrage à de nombreuses questions sur le sujet et vous apprendrez qu’il existe plus d’une dizaine d’espèces de terfess (truffes du désert), ainsi que huit espèces de truffes du genre Tuber : Tuber asa, T. borchii var. sphaerosperma, T. oligospermum, T. rufum, T. aestivum/uncinatum, T. excavatum, T. brumale et T. melanosporum).

Résumé du livre les Terfess et les truffes du Maroc rédigé par l’auteur : Lahsen Khabar

Le travail présenté dans cet ouvrage avait pour objectif principal l’étude de la biodiversité et la valorisation des truffes et « Terfess » du Maroc.

Certains objectifs spécifiques ont été atteint tels que la diversité des truffes et « Terfess » et des plantes-hôtes au Maroc, l’isolement en culture pure, la synthèse des mycorhizes entre les truffes de désert et leurs plante-hôte. L’écologie et le circuit de commercialisation des truffes de la forêt de la Mamora ont été également etudiés.

Le travail floristique, résultat de plusieurs années de prospections, a permis de dresser une liste de différentes truffes et « Terfess » récoltées dans plusieurs régions du Maroc.

Plusieures espèces sont alors décrites et illustrées ; deux espèces du genre Tuber (T. oligospermum, T. asa, T. uncinatum/aestivum, T.brumale, T.excavatum, T.rufum et T.melanosporum), deux fausses truffes (Genea verrucosa et Melanogater sp.), quatre du genre Terfezia (T. arenaria, T. boudieri, T. claveryi, T. leptoderma) deux du genre Tirmania (T. nivea, T. pinoyi) une du genre Delastria (D. rosea) et une du genre Picoa (P. juniperi). Cette dernière est citée pour la première fois au Maroc.

En biologie moléculaire, les techniques utilisées, PCR-RFLP et SSCP, ont permis de lever quelques ambiguïtés rencontrées lors de l’étude floristique. Elles ont permis de différencier clairement quelques espèces appartenant aux différents genres Delastria, Terfezia et Tuber.

Les travaux sur les lipides notamment l’analyse des stérols et acides gras totaux des truffes, ont montré des résultats importants. Les analyses des acides gras n’ont permis de mettre en évidence que des différences mineures entre les différentes espèces. Les principaux acides gras présents chez toutes les espèces sont les acides palmitique, oléique et linolénique.

Les analyses des stérols, ont par contre permis de séparer les trois genres Terfezia, Tuber et Delastria. Chez les trois genres, deux stérols ; le brassicastérol et l’ergostérol, sont présents mais à des taux variables chez chaque genre. Un troisième stérol, le lanostérol, est détecté pour la première fois chez nos espèces de « Terfess ». Celui-ci est présent en quantité importante et pourrait être utilisé comme outil de classification.

Des études biologiques, physiologiques et écologiques d’une plante hôte des terfess Helianthemum guttatum, ont révélé un certain nombre de données : Les synthèses mycorhiziennes entre quelques espèces de « Terfess », avec Helianthemum guttatum donnent lieu à des ectomycorhizes spécifiques avec un réseau de Hartig bien différencié mais sans manteau. Les ectomycorhizes formées par Terfezia leptoderma en conditions axéniques, montre par contre un manteau bien développé.

L’étude pédo-climatique des sols truffiers, a révélé un certain nombre de données sur les exigences écologiques des « Terfess ». Celles ci exigent des sols chauds et humides d’une part, d’autre part bien aérés et légèrement acides ou légèrement basiques avec des teneurs en matières organiques, en Azote et en Magnésium extrêmement faibles d’une part et des doses moyennes en acide phosphorique comme source du phosphore et des doses assez fortes de Sodium et Potassium d’autre part.

Du point de vue climatique, les « Terfess » exigent une pluviométrie annuelle un peu variable selon les espèces ; en général entre 100 et 300 (supérieur à 240 mm pour les « Terfess » de la mamora par exemple). Ces pluies doivent être réparties d’octobre à mai, et tombent principalement en novembre, décembre et janvier. Les températures moyennes mensuelles sont également très variables selon les espèces ; en général entre 15°C et 17°C pour les « Terfess » du haut plateau oriental (entre 14°C et 18°C pour les « Terfess » de la forêt de la Mamora).

L’étude des circuits de commercialisation des truffes dans la forêt de la Mamora et ses régions montre que c’est un commerce local très actif et très important. Ce commerce, bien que saisonnier, constitue un revenu très important pour les citadins de la région et pourrait contribuer à la stabilisation des populations dans les zones rurales.

©2017 Lahsen Khabar. Tous droits réservés.

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