Cliquez sur les feuilles pour les enlever
L’univers de la truffe

Accueil > Abécédaire > A comme... Aphrodisiaque

A comme... Aphrodisiaque

lundi 13 juin 2005, par Didier


La truffe est-elle aphrodisiaque ?

Des pistes pour comprendre pourquoi on peut attribuer des qualités aphrodisiaques aux truffes : « Depuis les travaux de Signoret (1961) on sait que la truie en chaleur s’oriente sur l’odeur du verrat qui déclenche la posture d’accouplement. Les glandes préputiales et sudoripares sécrètent des squalènes (hydrocarbures) et des stéroïdes (dérivés des hormones mâles : androsténol proche du musc et androsténone à odeur d’urine).

Cette phéromone a un pouvoir attractif sur la femelle et répulsif chez le mâle. Elle provoque l’immobilisation réflexe de la truie en chaleur, et comme elle est aussi fabriquée par la truffe cela permet de comprendre pourquoi on utilise les truies pour chercher les truffes.

En réalité le porcelet est aussi bon truffier que la truie, on connaît bien maintenant l’odeur de la truffe qui est un mélange complexe de 9 composés aromatiques. Ces substances ont été retrouvés chez l’homme, en particulier au niveau des aisselles où les glandes sudoripares sont les plus actives ».

Des substances chimiques prochent des hormones sexuelles du verrat se trouvent dans les truffes ! Ceci expliquerait partiellement pourquoi le cochon recherche la truffe. Ce phénomène s’appelle un leurre ! La truffe attire le sanglier (le cochon) par des messages chimiques odorant de nature sexuelle. La laie, en dévorant la truffe, va assurer la dissémination des spores dans la forêt. Il est probable que la truffe produise d’autres agents chimiques pour attirer les insectes.

A vérifier. En tout cas, si la truffe a mis en place une stratéqie qui aura fait tourner la tête à plus d’un. Les phéromones sont des moyens de communications courants dans le monde animal, plutôt tabou chez l’homme les recherches chez l’homme sont plutôt récentes (années 80-90) des disciplines connexes s’intéressent au sujet : éthologie, sociogie animale, neurobiologie et comportements etc. Alain Lenoir de l’Université de Tours est spécialisé en communication particulièrement chez les insectes sociaux. Les phéromones constituent les liens qui permettent à l’organisation de fonctionner.

La truffe mime-t-elle ces phéromones, les trouve-t-ton aussi chez l’homme, quelles sont leurs fonctions. Pour l’instant pas de réponse précise. Si quelqu’un à une info, qu’il n’hésite pas à en parler.

Les leurres sont fréquents dans la nature. Certaines orchidées ont un labelle qui imite le corps d’une femelle bourdon (Ophrys holosericea, Ophrys sphegodes). Le bourdon mâle est attiré visuellement par la fleur mais aussi parce qu’elle émettrait, je crois, des phéromones femelles. Le bourdon s’accouple en vain avec le labelle de la fleur qui dépose son pollen sur le dos de l’insecte. Le bourdon sert à véhiculer le pollen.

Une autre fleur tropicale gigantesque, la raflesia, attire les mouches avec une odeur de viande avariée… Les plantes utilisent fréquemment les odeurs pour attirer les animaux qui vont leur permettre de se reproduire. Les plantes ont une multitudes d’odeurs et d’arômes ciblés pour attirer quelques espèces animales ou pour communiquer entre elles. La truffe n’échappe pas à la règle, ses parfums sont attractifs pour quelques insectes, sangliers, écureuils et humains.

On comprends un peu mieux pourquoi les hommes, les gastronomes s’arrachent quelques truffes ou débris de truffes et aussi pourquoi elle prend une telle valeur… Il existe peut-être un lien biochimique entre la truffe et nous. C’est peut-être le cas d’autres aliments.

Un effet psychobiologique

Le mot « truffe » est évocateur : fêtes, repas prestigieux, gastronomie fine…

L’image « Truffe et Champagne » contient un cocktail psycho-aphrodisiaque : l’idée de passer un bon moment en bonne compagnie, penser que l’on va passer un bon moment stimulent les circuits du plaisir dans le cerveau : une sécrétion de dopamine et tout s’enchaîne. A lire : J.-D. Vincent « Biologie des passions », Paris, Odile Jacob, 1986. P.267. Pour mieux connaître les pouvoirs de l’esprit sur la biologie des comportements ou la santé avec l’effet placebo allez lire « Qu’est-ce qu’un médicament ? » de Philippe Pignare.

Evidemment, si vous trouvez d’autres données sur ce sujet, n’hésitez pas à me les signaler !

A consulter :

PDF - 361.3 ko
La truie, la truffe et le sexe

Archive d’un article d Gérard Bonnot (Nouvel Observateur du 11/09/1982)

Sur l’importance des phéromones :

Bagnères A.-G., Ohresser M., Lenoir A., Errard C. (2002). La communication chimique. Pour la Science, N° spécial, janvier 2002, 26-32. Fichier pdf

Les travaux sur les fourmis :

Consulter la bibliographie d’Alain Lenoir de l’Université de Tours

P. Langley-Danysz « La truffe, un aphrodisiaque », la Recherche, n°136, septembre 1982. (Si vous avez une photocopie…)

The Scent of Eros : Mysteries of Odor in Human Sexuality de James V. Kohl, Robert T. Francœur.

Une page de blog sur l’attractivité chimique chez les humains

Enregistrer au format PDF

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | Truffiere de Saint Remy | Facebook Truffière | Contact partenariat |